mes petites recettes toutes simples mais si délicieuses, j'adore surtout faire des desserts : yaourts, muffins, entremets, gateaux, mes livres
Maxence Van der Meersch (né à Roubaix en 1907) a reçu le prix Goncourt en 1936 pour ce très beau roman. L'histoire tragique d'une timide paysanne. J'ai dévoré ce livre de 343 pages que j'ai emprunté à notre médiathèque communale. Vous y trouverez le résumé, un extrait pour vous donnez l'envie de le lire.
Résumé du livre
Lauréat du Prix Goncourt pour cet ouvrage émouvant, Maxence Van der Meersch conte l'histoire tragique de Karelina, timide paysanne au joli visage. Mariée de force à un colosse brutal, elle doit subir une vie faite d'expédients et les humiliations de son mari. Quand son bourreau est mis sous les verrous, elle s'enfuit. Elle trouve refuge chez son oncle Domitien, écrivain célèbre, dont l'épouse, Wilfrida, reçoit avec joie la jeune femme, qu'elle considère bientôt comme sa propre fille. Les deux femmes ignorent alors qu'elles viennent de sceller leurs destins...
Extrait Chapitre 1 " En terre familière "
La voiture avait traversé le village et suivait un étroit pavé montant. On laissait derrière soi la Lys, rivière traînante. On allait lentement vers une ligne de hauteurs continues, que jalonnaient des files de peupliers et des moulins à vent, sur le ciel gris de novembre. L'auto, un fort cabriolet huit cylindres, couleur havane, laminait sous ses larges pneus les flaques de boue, en jaillissements sales. Et Domitien Van Bergen, au volant, évitait tant bien que mal les caniveaux et les fondrières, sur l'étroite chaussée, défoncée en cette saison par les derniers charrois de betteraves. Une bise cinglante et dure enveloppait la voiture et sifflait dans les arbres nus du chemin.
On arriva devant une masure séparée de la route par un fossé. Un grand moulin, derrière, tournait.
" Voici la maison, Domitien " dit Wilfrida Van Bergen.
Van Bergen arrêta la voiture et descendit.
Planté sur une butte, le moulin, un moulin vétuste, tout en planches et en ardoises, levait et abaissait ses longs bras dégingandés et grêles, en un geste de sempiternelle lamentation. Sur sa tête, un ciel de Toussaint, lourd de nuées. A ses pieds, la maison. C'était une petite maison des champs, basse, en briques rouges, soulignée d'un large soubassement goudronné, et coiffée d'un feutrage épais de chaume décoloré, où les herbes poussaient. Volets clos, porte close, terrée parmi les ronces, elle dispersait dans la bise un fil de fumée sale ; et sur elle tournaient avec lenteur les grandes ailes sifflantes, parmi la tristesse et la nudité d'un rude automne.
Van Bergen regardait la masure. Il hésitait. Il revint vers l'automobile.
" Tu crois que ce sont toujours eux, Wilfrida ? demanda-t-il .
Rien n'est changé, du moins ", dit sa femme.
Elle descendit à son tour, frêle et pâle, frileuse dans un lourd manteau de voyage en drap anglais. Elle contempla la maison.
" Sait-on jamais, pourtant !... Si longtemps...
- Allons ! dit VAn Bergen, je vais toujours frapper. "
Il franchit la dalle de pierre qui servait le pont au-dessus du fossé, traversa un jardinet hérissé d'herbes sauvages et frappa à la porte.
Longtemps aprés un verrou fut tiré. Tout le battant supérieur de la porte s'entrouvit. Une fille parut, de dix-sept ou dix-huit ans, le regard bleu, le nez court, les cheveux blonds ébouriffés, l'air volontaire et sauvage. Elle examinait l'homme.
" Dites-moi, mademoiselle, demanda Van Bergen, qui hésitait à la reconnaître, ce sont toujours les Moermeester qui habitaient ici, n'est-ce pas ? "
La jeune fille ne répondit pas. On eût presque dit qu'elle n'avait pas entendu. Elle regardait toujours Van Bergen. Et une douceur détendit son visage fermé. Elle souleva un loquet, ouvrit toute grande la porte à l'homme.
" Entrez, dit-elle. Vous êtes mon oncle Van Bergen. "
La cuisine était longue, sombre et propre, pauvrement éclairée par une petite fenêtre qui donnait sur les champs. Il y avait, avançant jusqu'au milieu, un feu flamand, orné de barres de nickel et dont la platine portait deux hautes poignées recourbées en crosse. Un feu maigre de charbon de terre y brûlait. Dessus, une cafetière d'émail bleu et blanc, et une ample bouilloire de cuivre rouge, aux chauds reflets. La table était en face, une table de bois couverte d'une grossière mosaïque faite de fragments de carrelage assemblés au ciment. Quatre chaises de bois blanc, le long du mur. Dans un coin près d'une seconde fenêtre fermée, à l'extérieur, d'un lourd volet de bois, était un buffet bas, en chêne, à deux portes, noir à force d'être ciré et qui supportait, sous un globe de verre, une statuelle de sainte Anne en robe violette, maladroitement coloriée ; elle tenait la Vierge enfant par la main. Les murs étaient d'un blanc bleuâtre et froid badigeonnés au lait de chaux.
Vous pourrez y trouver ici un autre extrait http://www.albin-michel.fr/L-Empreinte-du-dieu-EAN=9782226043047